|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Isidore
Loeb
Grâce
à l'obligeance de M. Enrique-Cl. Girbal, le savant auteur de
l'Histoire des Juifs de Girone (Los Judíos en Gerona, Girone,
1870), nous avons pu nous procurer les photographies de cinq pièces
hébraïques conservées aux Archives de l'hospice provincial
de Girone et provenant de la Pia Limosna del Pan de la Seo, à Girone.
Nous les reproduisons plus loin, avec une analyse M. Girbal nous
a communiqué un plan manuscrit d'une partie de la ville de Girone, dont
l'écriture est de la fin du dernier siècle, mais qui pourrait
bien être copié sur un plan plus ancien. Le dessin en est informe,
mais on peut cependant en tirer quelques renseignements sur la juiverie de
Girone. Celle-ci était située tous près de l'Onyar, sur la
rive droite de cette rivière, qui traverse Girone en coulant du nord au
sud. Elle se composait d'un pâté de maisons limité comme
suit: à l'ouest (parallèlement à l'Onyar), une assez large
rue appelée, à son extrémité
méridionale, carré de S. Llorens; du côté
septentrional, carré del call judaic; au N., une large rue
appelée carré de la Ruca
(ânesse); à le, suite du carré de la
Ruca et place rentrante du Forn de la Ruca; puis, en continuant
à marcher du N. au S., une rue appelée carré de la
Claveria dans laquelle débouche un étroit passage
appelé Carrero que va à la sinagoga dels Jueus
et qui descend obliquement (du S. au N.) vers le
carré de S. Llorens. Enfin, la synagogue, adossée, sans aucune
séparation, à S. Llorens. Ce pâté est
traversé, vers son milieu, de l'E. à l'O., d'une rue
appelée Call judaic, sur laquelle s'ouvre perpendiculairement,
et allant du S. au N., une autre petite rue, qui porte le même nom et qui
s'arrête, au centre des constructions, à une place
appelée plaza del call. Dans l'angle rentrant qui forme la
place du Forn de la Ruca se trouve la porte de la Aljama (communauté;
ici, maison, propriété de la communauté?). Une partie de
ces constructions a été achetée à la aljama juive
par la Almoyna à une époque que nous ne connaissons pas; une des
maisons (angle N.-E.) est désignée Voici maintenant nos pièces disposées par ordre chronologique: I
Girone 1288 Le tribunal
soussignée atteste que s'est présenté devant lui R.
Josué Hallévi, demeurant à Tarragone, fils de R. Isaac
Hallévi fils de R. Josué, et a déclaré qu'il
possédait un acte en vertu duquel dame Tolsana (pour Tolosana,
c'est-à-dire de Tolosa?) et son mari Josué fils de Zérahya
fils de Sealtiel, et dame Dolsa (Douce) avec son mari Natan, fils de Salomon
fils de Sealtiel, lui avaient vendu au mois de sebat de l'an 5044 (20 janvier
à 18 février 1284) une maison située en cette ville
(c'est-à-dire Girone), dans la rue des Juifs, au prix de 7.300 sous de
Barcelone, et que, lors de la destruction de la ville18, l'acte de vente
fut perdu. En conséquence le comparant demande que le tribunal
reçoive la déclaration des témoins qui on certifié
ledit acte de vente et en dresse un procès-verbal qui lui servira de
preuve en lieu et place de l'acte perdu. Le requérant amena Natan fils
de Josef et David fils d'Abbamari, lesquels attestèrent devant nous, le
tribunal de trois personnes, qu'au mois de sebat de l'an 5044, dame Tolosana et
son mari susdit, et dame Dolsa et sont mari susdit, vendirent
II
Barcelone
1296 Les
témoins soussignés attestent que dame Joyes (
Fait à Barcelone en tammuz de l'an 5056 (3 juin à 2 juillet 1296). Signé: Samuel fils de Hanninaï; Reuben fiils de Moïse.
III
Girone
1352 Les
témoins soussignés attestent que devant eux s'est
présenté Enjosef Içac et a déclaré que la
communauté juive de cette ville a vendu à dame Reyna, veuve
d'Encaravida Ravaya31, et à dame
Tolosana, femme de Niçac Desmestre32, la maison et dépendances qu'ils ont dans cette ville dans
la rue des Juifs et dont voici les limites: à l'est, la maison des
ayants-droit de Nastrug Momet33; au
nord, la rue (ou place) des Chrétiens; à l'ouest la rue
Fait en notre présence à Girone le mois de marhesvan 5113 (9 octobre, à 7 novembre 1352). En foi de quoi la présente pièce a été signée par nous Moîse fils de Juda fils de Moïse; Juda fils de Salomon.
IV
Girone
1352 Nous
témoins soussignés attestons que dame Joyes ( Fait à
Castejon d'Ampurias36, au
mois de marhesvan. 5113
V
Girone
1352 Les
témoins soussignés attestent que Ennahman Hallévi et
Ensaltil Gracian. et Ensalomon Içac et Nastruc Lobel Gracian,
préposés de la communauté juive de cette ville, plus
Enbonjuda Crescas37
)
des 26 personnes chargées des affaires de la communauté juive en
vertu du mandat qui leur a été donné par le roi notre
maître, ont vendu à dame Reyna, veuve d'Encaravida Ravaya, et
à leur fille dame Tolosana, femme de Niçac Desmestre, une maison
et dépendances sises dans la rue des Juifs de cette ville et que la
communauté juive avait achetées en partie de daine Dolsa, veuve
d'Enjosef Vidal, qui avait demeuré a Vich42, et acquis en
partie en échange de ce que devait à la communauté Enbonet
Bonastrug, fils de ladite dame Dolsa, pour contributions aux impôts et
tailles de la communauté, acquisition faite par Saltil Gracian et
Salomon Içac, agissant au nom de la communauté. et inscrite dans
les livres d'En Jacme Compte (ou Comte)43,
écrivain de cette ville44, le 27
juillet de l'année dernière; les limites de cette maison sont:
à [l'est] et au sud, les maison et cours des ayants-droit de Nastrug
Momet; au nord, la rue publique des Chrétiens; à l'ouest, la rue
publique du quartier des Juifs. Et nous, membre de ladite commission des
vingt-six et moi Bonjuda Crescas avons reçu de dame Reyna et de dame
Tolosana, 1240 sous de Bar[celone] pour prix de ces maison et
dépendances; en échange de quoi nous leur avons
cédé ladite maison avec les garanties d'usage et avec
l'engagement de rembourser
(terz)45, soit pour payer le
juge chrétien, soit d'autres juges, soit pour le salaire des
secrétaires des juges ou celui des employés de la cour ou des
employés du bêt-din
(tribunal juif), soit pour les honoraires des avocats,
soit pour tout autre objet, soit qu'ils perdent ou gagnent leur procès,
le tout sans aucun manque ( ), et promettons de ne pas opposer aux
acquéreurs, pour nous soustraire à cette obligation, qu'en
soutenant le procès contre le réclamant, ils se sont
trompés dans leurs allégations ou n'ont pas produit les bonnes
allégations, ou n'ont pas plaidé devant le tribunal
compétent, ou n'ont pas pris un bon avocat; mais dès à
présent nous acceptons comme bons juges les juges acceptés par
lesdites N' Reyna et N'Tolosana ou par leurs ayants-droit et toutes les
allégations qu'elles produiront contre le réclamant et celles de
l'avocat qu'elles prendront. Et nous tous solidairement et chacun de nous en
particulier et pour le tout engageons en garantie tous nos inmeubles
présents et à venir. Et quoique nous nous soyons
déjà engagés en garantie de cette vente par acte
dressé le 3 octobre de cette année par En Jacme Compte,
secrétaire de la ville, nous avons, pour plus de garantie, signé
encore l'acte présent. Et cette vente a été faite par
Ennahman et Ensaltil et Ensalomon Içac et Nastrug Lobel et Enbo[ ]
Ravaya (?) et Enjosef Içac et Nabram Astrug et Enhasdaï et Enbonet
(?) et Enmosché Ravaya et Nabram Içac et Enmomet et Enbellshom et
Niçac Josef et Enbonastrug et Ensalomon [ ] et Enhonan et Envidal Lobel
et Nesmies susdits46
auxdites N'Reyna et N'Tolosana à
Gérone le 1er jour de mar[hesvan] 5113 (10
octobre 1352). Signé:
Moïse fils de Juda fils de Moïse; Méir
fils de Moïse fils de Juda fils de Netanel.
ISIDORE LOEB. Paris, décembre 188447.
www.cervantesvirtual.com
> Hemeroteca
> Boletín de la Real Academia de la Historia [Publicaciones periódicas]
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||